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Le social au quotidien, ça se passe sur le terrain !


Dans un contexte de précarité constante, c’est au sein des territoires que le combat contre la pauvreté se mène le plus efficacement.
La France lui consacre près de 700 milliards d’euros. La protection sociale, dont les dépenses représentent un tiers du PIB de l’hexagone, demeure l’un des piliers de notre société. Et pourtant… Pourtant, la pauvreté continue de grimper à un taux de plus en plus inquiétant. La précarité semble fatalement devenir le fardeau d’aujourd’hui et demain. Si le bateau France risque la dérive à tout moment, il peut toutefois compter sur des acteurs sur le terrain pour le redresser…

La connaissance du terrain comme crédo
Ils sont là pour accompagner des projets éducatifs. Ils n’hésitent pas à soutenir les familles en difficulté ou dialoguer avec les parents d’élèves. Ils soutiennent les acteurs ruraux. Ils peuvent également agir face à la perte d’autonomie des personnes âgées. « Ils », ce sont tous ces acteurs locaux qui peuplent les centres sociaux du pays. Située comme tête de réseau, la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France, alias FCSF, tente de tisser le lien entre tous ses adhérents. « Le centre social est une structure implantée localement, c’est un outil de développement social », souligne François Vercoutère, le délégué général. Pour la petite histoire, les centres sociaux naissent au début du 20ème siècle grâce à l’organisation de la société civile qui souhaite dépasser l’approche par la charité et ainsi s’auto-organiser pour développer leur capacité d’agir en faveur développement social local. « Nous avons 1200 centres fédérés sur les 2000 centres sociaux du pays. L’idée, c’est conjuguer l’énergie bénévole et salariée pour la connaissance du terrain. C’est agir concrètement dans le cadre d'un projet social commun.»

Des actions visant à maintenir le lien social
À titre d’exemple, le centre social et culturel de Dordogne s’est positionné sur le développement social local auprès de personnes âgées en situation d’isolement. Ses représentants ont organisé des temps de rencontres autour de la question de l’aide aux aidants. Cela a permis de livrer des témoignages concrets de personnes accompagnant régulièrement, un proche, un ami, touché par une perte d’autonomie. De même, le centre social d’Aytré (Charente-Maritime) prévoit une soirée en juin consacrée aux familles et à la communication avec les enfants. Dans les Deux-Sèvres, la fédération a tenu une assemblée pour réfléchir sur les moyens d’accueil dignes des migrants. Des actions concrètes qui permettent surtout d’entretenir le lien social au sein des territoires. Notons que la gouvernance entre la fédération et les centres sociaux repose sur une charte des valeurs, une vision partagée et une mise à disposition de ressources. Un centre social doit recevoir l’agrément de la CAF. Il a un rôle d’animation sociale afin de stimuler la société civile pour qu’elle soit partie prenante.

« Les solutions de dépannage ne peuvent être prises à Matignon »
Fort d’un réseau très ancré dans les territoires, le FCSF entend dépasser le vieux logiciel instauré par le clivage gauche/droite qui se renvoie les mêmes arguments depuis des dizaines d’années. « Le modèle de pensée utilisé est devenu obsolète », clame le représentant de la fédération. « Je ne parle même pas soit du doute permanent sur l’honnêteté du pauvre, soit du dispositif condescendant basé sur le préjugé d'impuissance des personnes en précarité. Ces analyses simplistes sont inopérantes. Cela ne veut rien dire. Les solutions de dépannage ne peuvent être prise à Matignon. Dans une démocratie qui vieillit et qui continue de rester centralisée, si demain, seule l’action publique répond au problème de la pauvreté, je peux vous dire qu’on manquera cruellement d’argent public pour tout faire! »

« Chacun doit regarder dans le jardin de l’autre »
Dans un billet intitulé « Présidentielle, et après », la délégation générale pointe le problème récurrent de la centralisation. « Le nouveau monde ne s’inventera pas à Paris, dans les ministères ou au palais de l’Elysée », note-t-on dans ce texte. « Si on n’intègre pas cela, on ne dépannera pas », tranche François Vercoutère. Ce n’est que par la multiplication des carrefours des énergies et des volontés de bien faire que ça progressera. Chacun doit regarder dans le jardin de l’autre. Quand on anime un réseau de 1200 centres sociaux, on ne peut pas réfléchir sans sortir du périphérique. C’est la connaissance sur le terrain qui apporte les idées. »

Appel à Emmanuel Macron
Suite à une campagne « désolante » où l’on a davantage parler de l’affaire Fillon que la pauvreté jonchant les villes et villages de notre pays, l’émergence d’Emmanuel Macron doit répondre efficacement à l’attente qu’elle a suscitée. « La question n’est pas de savoir si on a assez parlé du social mais avec qui on en a parlé, nuance François Vercoutère. On ne parle pas avec des gens qui ont de vraies pratiques. Ce que j’attends du nouveau président, c’est qu’il permette l’ouverture de ces espaces de dialogue avec des personnes s’y connaissant. C’est de savoir comment il compte convoquer l’expertise  citoyenne. Il faut sortir du Moyen-Âge de la démocratie actuelle en instillant davantage de démocratie dans tous les secteurs d'activité de notre société. Malheureusement, sa marge de manoeuvre me paraît très limité… » Un immense défi attend la nouvelle équipe d’Emmanuel Macron, d’Édouard Philippe et de la nouvelle ministre des Solidarités, Agnès Buzyn.