Vous êtes ici

Block title
Block content

GouTer (Gouvernance territoriale des systèmes alimentaires)

GouTer (Gouvernance territoriale des systèmes alimentaires) est un projet de recherche-action de 3 ans (2016-2019), lauréat de l’appel à projet « Systèmes alimentaires innovants » de la Fondation Daniel et Nina Carasso.  

Il est piloté par l’International Urban Food Network (IUFN), en partenariat avec l’Institut de recherche et débat sur la gouvernance (IRG), le Resource Centers on Urban Agriculture and Food Security Foundation (RUAF Foundation), Régions de France (RF) et l’association de Recherche et évaluation de solutions innovantes et sociales (RESOLIS).

Ce projet s’opérationnalise en partenariat avec 5 territoires pilotes en France : la Région Centre-Val de Loire, la Métropole de Bordeaux, la Ville de Lyon, le Pays des Châteaux et le Pays Loire Nature Touraine.

Le projet GouTer part du constat que l’orchestration d’une transition vers un système alimentaire durable, requiert une nouvelle forme de pilotage des initiatives et politiques alimentaires, qui fait aujourd’hui défaut. Il vise à renforcer les capacités des collectivités territoriales en matière de gouvernance alimentaire, afin de faciliter le déploiement des projets alimentaires (PAT) et systèmes alimentaires (SAT) territorialisés, promus aux niveaux étatique et régional, à travers :

  • • une sensibilisation des acteurs territoriaux à la notion de gouvernance alimentaire territoriale à travers la réalisation d’un état des lieux des pratiques innovantes en la matière en France et à l’international ;
  • • une co-construction et expérimentation de nouveaux mécanismes de gouvernance alimentaire locale adapté à chaque territoire pilote ;
  • • l’élaboration d’outils méthodologiques facilitant la mise en œuvre de dispositifs de gouvernance alimentaire territoriale.

Le programme de travail s’organise en trois phases principales :

  •     • Phase 1 - Caractérisation des enjeux et analyse d’expériences existantes de gouvernance alimentaire innovantes
  •     • Phase 2 - Préfiguration d’un dispositif opérationnel de gouvernance alimentaire territoriale
  •     • Phase 3 - Capitalisation et valorisation opérationnelle du projet

 

Thématique nouvelle, la gouvernance alimentaire territoriale demeure encore méconnue des acteurs du système alimentaire. Á partir des expériences innovantes et des réflexions existantes dans le domaine, ce rapport a pour objectif de présenter les principaux enjeux de son élaboration et de sa mise en œuvre. Il identifiera les blocages du système actuel, mais mettra surtout en avant des leviers pouvant être utilisés pour bâtir une gouvernance territoriale favorable à une alimentation durable.

Le système alimentaire actuel, fondé sur un mode de production agro-industriel et une consommation de masse, génère des externalités négatives en termes d’impacts sociaux, environnementaux et culturels qui le mènent dans une impasse (Landrot, Rouillé d’Orfeuil et Vuletic, 2016, p. 6). Face à ce constat largement partagé, de multiples initiatives alternatives se sont développées ces dernières années, notamment au sein des territoires. Elles témoignent d’une volonté de plus en plus affirmée de certains acteurs, publics mais essentiellement privés, d’aller « vers un nouveau modèle de développement alimentaire ‘durable’, c’est-à-dire respectant les 3 objectifs d’équité sociale, de viabilité économique et écologique » (Rastoin, 2006, p. 12). Parce qu’elle nécessite une mise en cohérence et en synergie de toutes ces initiatives pour favoriser leur changement d’échelle, parce qu’elle implique une conception renouvelée et multidimensionnelle de la question alimentaire, l’orchestration d’une telle transition nécessite une forme de gouvernance qui aujourd’hui fait encore largement défaut (Jennings et al. 2015, p. 58). La situation actuelle se caractérise en effet plutôt par l’existence « de segments de gouvernance », tant « les orientations et les actions sont encore souvent trop sectorialisées et trop limitées. Les lieux de concertation et de définition de ces politiques sont diffus, peu institutionnalisés » (Terres en villes, sd ). Dès lors, l’enjeu est de renouveler et co-construire des mécanismes de gouvernance qui permettent d’articuler les dynamiques territoriales pour faire évoluer les systèmes alimentaires vers des formes plus efficaces et durables.

 

GouTer (Gouvernance territoriale des systèmes alimentaires) est un projet de recherche-action qui vise à promouvoir une alimentation responsable et durable à travers des méthodologies et outils de gouvernance alimentaire territoriale. Á ce titre, l’Institut de recherche et débat sur la gouvernance (IRG) a identifié et analysé un échantillon de 11 initiatives innovantes de gouvernance alimentaire en France, menées par différents échelons de territoires (Région, Métropole, Agglomération, Département, Pays, Commune) et impulsées par différents acteurs (Collectivités locales et association principalement).

Ces initiatives témoignent de la vitalité et de la force d’innovation des territoires en France afin de concrétiser le changement vers une alimentation de qualité, porteuse de développement et respectueuse de l’environnement et des générations futures. Elles démontrent qu’à partir d’une vision globale de l’alimentation (production, consommation, santé, développement durable, développement économique, solidarité, etc.) et d’une démarche territorialisée, les acteurs de nature et d’intérêts différents peuvent s’allier au service du développement et de la cohésion d’un territoire. Mise en réseau, partenariat, transversalité de la politique publique et de l’organisation entre acteurs, permettent d’améliorer très qualitativement l’alimentation entendue dans sa globalité. Tant les acteurs (du producteur au consommateur en passant par les agents publics ou les représentants associatifs), que les filières et les politiques publiques (jusque dans l’organisation administrative) en bénéficient. Pour ce faire, les formes et modalités de gouvernance (Réseau, observatoire, conseils locaux de gouvernance alimentaire, stratégie ou politique publique, etc.) s’inventent à mesure des caractéristiques et des contextes de chaque territoire. Il en ressort tout de même des traits communs quant aux principales contraintes (portage politique, prise de conscience, ressources, temps, changement de pratiques, contraintes administratives, postures idéologiques, etc.) et leviers rencontrés (portage politique, accompagnement, temps, reconnaissance, espace de dialogue, vivacité du tissu local, transversalité, démarche de progrès, etc.).

 

Type de rapport: 
Rapport