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Éclairages des membres de notre comité d’orientation de l'IRG

Depuis cinq mois nous avons dédié notre blog à l’éclairage des enjeux soulevés par les débats électoraux en France, notamment celui de la crise de notre démocratie. Le temps est venu d’en faire un premier bilan et d’ouvrir des analyses et propositions plus poussées. Pour ce faire nous avons choisi, dans un premier temps, de valoriser l’éclairage des membres de notre comité d’orientation par le biais d’interviews vidéos. Suivront des notes de réflexion toujours autour de l’expertise de l’IRG et des membres de notre Comité d’orientation. En parallèle, l’IRG continue de poursuivre, ou s’engage, dans des processus plus avancés d’études et de capitalisation, autour de ces enjeux, à partir des expériences conduites par les acteurs du champ (voir la Rubrique actualité et activités).

La double période électorale qui vient de se clore en France a été caractérisée par un rejet du « système » qui s’est notamment traduit par un taux d’abstention record (25,44% pour le second tour des présidentielles et 51,2 pour les législatives) ainsi que par l’expression décomplexée du populisme. La situation française rejoint en cela (et tristement) l’actualité l’internationale. Le système rejeté est celui néolibéral, avec ses valeurs, ses régulations (ou plutôt dérégulations) et ses acteurs (notamment « l’élite »). Sont également critiqués les scléroses de notre vie politique et démocratiques, incarnées par les partis politiques traditionnels « qui ne font que servir ce système et se servir eux-mêmes ». A partir de là, certaines confusions s’opèrent et des raccourcis sont pris entre : le rejet de « l’État » et de l’élite, ou de la démocratie ; l’État au sens générique et son approche gestionnaire ; légitimité citoyenne de fait et légitimité politique, etc. Autant d’éclairages à apporter pour pallier la tendance aux décrochages irréversibles entre les français, l’État et le politique. Car, le risque est grand de voir la démocratie ne plus être une valeur partagée et « sacrée » avec pour conséquence première, la possibilité de voir des autorités non démocratiques (et pas seulement politiques) « prendre le pouvoir ». Les défis de gouvernance sont nombreux et nécessairement reliés entre eux, du local à l’international. Il convient de les identifier, caractériser et de les résoudre notamment en s’inspirant ou en reliant les nombreuses initiatives et propositions qui existent. Elles sont multiples mais n’ouvrent pas encore à un nouveau système ou à un nouveau paradigme susceptible de répondre à la crise politique actuelle.

Pour expliciter ces défis de gouvernance, une première série de vidéos courtes a  pour but, soit de directement faire écho à des questions liées à la défiance des populations envers le système, fortement soulevées pendant la campagne, soit de rappeler les questions moins débattues, mais pas moins importantes au regard des enjeux fondamentaux des prochaines années. Dans cette perspective, les questions du changement de Constitution, ou de propositions pour l’amender, ainsi que le rôle des Civic Tech pour renforcer la participation des français sont abordées. L’administration, souvent présentée comme un axe fort de ce système rejeté par les français est au cœur de deux interviews. Elles en rappellent la diversité intrinsèque et ses capacités d’innovations pour répondre tant à la complexité de l’action publique qu’aux besoins des populations.

Sont également avancées des propositions concrètes pour la transition climatique et énergétique. Elle requiert des modalités de gouvernance repensées. Les interviews rappellent qu’il ne peut y avoir de politiques efficaces pour le changement climatique sans changement du paradigme démocratique et que la transition énergétique requiert inéluctablement de construire des synergies entre les différentes échelles de gouvernance. 

A chaque fois, l’idée est - dans la limite d’une vidéo courte de 3-4 minutes - de livrer quelques éléments forts de compréhension, de diagnostic (même partiel) et d’identification d’enjeux ou propositions en matière de gouvernance démocratique et de transition écologique et sociale.


Dans cette série de trois vidéos courtes, Loïc Blondiaux, Professeur en Science politique (Paris I), chercheur au Centre Européen de Sociologue et de Science Politique (CESSP/CNRS) et membre du Comité d’orientation de l’IRG, nous livre son constat sur l’état critique de notre situation démocratique et des institutions de la Vème République. Il expose également des propositions pour pallier les défis rencontrés par notre système. Il précise notamment l’idée d’un processus constituant, du contexte et des conditions qui le permettrait, avant de nous livrer quelques propositions alternatives à un changement constitutionnel.






Au travers de ces deux vidéos courtes, Bruno Villalba, Professeur de Science politique à AgroParistech, membre du Centre d’Etudes et de Recherches Administratives et Sociales, et membre du comité d’orientation de l’IRG, nous livre son point de vue sur la conciliation entre démocratie et changement climatique, et sur les changements de paradigme requis pour faire de la transition écologique une priorité politique. Il revient également sur la place et les limites des civics tech dans l’espace public et ce que cela traduit d’une part dans le rapport de l’individu à la chose publique et d’autre part, plus globalement dans le rapport de force politique. 




Dans ces deux vidéos, Nicole Alix, présidente de la Coop des Communs et membre du comité d’orientation de l’IRG, nous éclaire sur le rapport entre la finance et la gouvernance démocratique ainsi que sur les limites du capitalisme financier et comment court-circuiter ce dernier. Elle illustre également le dynamisme dont fait preuve l’économie sociale et solidaire, comme économie du futur capable de mettre à jour et de répondre à des besoins, aux côtés des pouvoirs publics et au service de l’intérêt général.





Désamorcer les a priori sur l’administration en témoignant de sa « diversité de cultures, de dynamiques et de pratiques » et en montrant « le passage d’une fonction publique d’excellence à une fonction publique ingénieuse »  par des approches créatives, c’est tout le propos que développe Stéphane Vincent, délégué général de La 27ème Région et membre du comité d’orientation de l’IRG, à l’occasion de deux vidéos courtes. « Faire dialoguer des cultures rationnelles de gestion avec des cultures de création (arts, sciences humaines et sociales)", travailler différemment avec les publics en construisant des lieux intermédiaires de co-conception des politiques publiques, ou encore combiner un travail sur le local et l’international, … sont autant de propositions et d’exemples de cet esprit d’innovation et de transformation qui anime aussi l’administration.