Vous êtes ici

Block title
Block content

Système alimentaire, démocratie, innovations technologiques... Entrons dans le vif du sujet


À deux mois et demi du scrutin, la campagne va avaler les thèmes électoraux comme le train qui enchaîne les stations. La vitesse de l'information est telle, que des questions essentielles pour la société française seront boudées, bâclées voire tout simplement oubliées. Or, face aux grands défis contemporains, il est indispensable que toutes les grandes familles d’acteurs s’engagent dans l’élaboration de solutions adaptées.
À son humble niveau, l'IRG aiguille le débat à l'échelle locale et nationale à travers trois enjeux majeurs.

Parlons de notre système alimentaire!
Le thème de la transition écologique, bien que large, doit absolument rythmer cette campagne. Un an et demi après l'accord sur le climat obtenu à Paris lors de la COP21, il est temps que notre pays entre dans l'ère du concret. Le débat sur l'écologie ne peut se réduire à la date de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim ou sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il doit aller au-delà. À titre d'exemple, l'IRG estime essentiel de se pencher sur notre système agricole et alimentaire qui se retrouve dans une ère de transformation profonde bien nécessaire au regard des fortes externalités négatives qu'il produit aux niveaux social, environnemental et culturel. Sur le terrain, les acteurs locaux en ressentent les secousses et sont souvent les initiateurs de ces petites révolutions en marche. Pour autant, le débat peine à se faire une place dans la campagne et dans les médias nationaux. En pointant les projecteurs sur cette grande question, bien des solutions peuvent émerger, comme nous le verrons dans ce blog.

Offrir un nouveau souffle à notre démocratie
Il en va de même pour le changement de paradigme démocratique qui apparaît inévitable alors que les institutions françaises ressortent usées et dépassées aux yeux de leurs propres citoyens. Malgré l'urgence, les positions des candidats restent floues et ne concernent qu'une petite frange de la problématique. Ils traitent du renouvellement du personnel politique, de la réforme institutionnelle voire du passage global vers la VIème République, dont on ne connaît aucun contenu précis. Quid du développement de la démocratie locale? Des alternatives citoyennes au référendum qui n'offre qu'un choix binaire à la population ? Ou l'allongement du temps présidentiel à l'heure où tous les chantiers ne peuvent être entrepris en un quinquennat?

Et demain, que faire avec les innovations technologiques de rupture?
La France regorge de talents qui se sont appropriés le virage technologique. Malheureusement, l'État peine à répondre efficacement à ce bouleversement. On peut le constater avec l'uberisation (Uber, AirBnb...) de l'économie où le gouvernement s'est jusque-là contenté de jouer le rôle de pompier. Prendre du retard sur la question numériques et robotique relèguerait notre pays au second plan en dépit de la mine de talents qu'il possède. Pourtant, en contraste avec les opportunités que génèrent ces innovations technologiques majeures, apparaissent des risques sociaux, environnementaux, éthiques ou encore démocratiques évidents qui ne peuvent laisser les États et les citoyens en dehors de ces choix fondamentaux de société et donc de gouvernance. Si ce n'est la taxe sur les robots proposée par Benoît Hamon, il est vrai que le champ de propositions est quelque peu désertique. Voilà pourtant des questions où agir concrètement permettrait d'éviter de réagir fébrilement.

N'oublions pas l'Europe, les forces civiles en marche et l'enjeu des nouvelles solidarités... 

Ces grands enjeux ne sont évidemment pas les seuls mais méritent une prise de décision ouverte à tous les acteurs intéressés afin de sortir de l'État centralisé. Chacun a son mot à dire tant qu'il possède la légitimité de proposer des solutions. Ce grand débat national doit aussi être l'occasion de sortir d'un environnement totalement sclérosé par les batailles proprement politiciennes. La naissance de nombreuses initiatives citoyennes sur les territoires montrent que d'autres forces sont à rassembler et que le local a sa part à prendre. Il est le premier échelon de proximité à être confronté à la réalité. C'est pourquoi l'IRG veut s'évertuer à donner la parole à toutes celles et ceux qui peuvent jouer un rôle dans cette démocratie. C'est aussi le cas des entreprises, qu'elles soient petites ou moyennes. À l'heure où le bénévolat et l'auto-entrepreneuriat se substituent progressivement au salariat, il en va de même d'une protection sociale française aussi mal menée et du pari, possiblement dangereux, auquel elle conduit avec l'apparition de nécessaires nouvelles solidarités. Sans oublier la fondamentale question européenne incroyablement délaissée par la majorité des candidats et des médias alors que les États-Unis de Trump et la Russie de Poutine nous encerclent. Pourtant, c'est bien en Europe que se joue notre avenir.